Je me réveillais le lendemain dans mon lit, entourée de bras puissants. Sans même ouvrir les yeux, je pouvais sentir que c'était lui… Son odeur était, et resterait toujours la même. Déjà petite, j'adorais qu'il me prenne dans ses bras afin que je me délecte de cette saveur particulière.
Ne voulant pas bouger, je gardais les yeux fermés et ma position, essayant de faire le moins de gestes possibles. Pendant plusieurs minutes, mon ange resta calme, mais je le sentais se réveiller petit à petit. J'ouvris alors les yeux et savourais cette vision. Les cheveux en bataille, la bouche légèrement entre ouverte. Il avait l'air si serein, comme si tout était parfait.
Perdue dans ma contemplation, je ne le sentis pas se réveiller. Il ouvrit les yeux et me fixa.
« Bonjour toi » me souffla-t-il, encore totalement endormi.
« Salut » répondis-je en m'approchant et posant mes lèvres sur les siennes.
Nous restâmes dans cette position de longues minutes, profitant de cet instant de plénitude. J'aurais aimé rester comme ça tout le temps, mais Edward en décida autrement. Il se détacha de moi et commença à faire les cents pas à côté du lit. Je ne comprenais pas ce comportement soudain. Ca ne lui ressemblait pas pourtant, d'être lunatique. Il semblait si bien. Je me levais à mon tour et me plaçais face à lui, le forçant ainsi à s'immobiliser. Je plongeais mon regard dans ses deux prunelles et vit une lueur de doute. Pourquoi ? Aucune idée. Mais je commençais à comprendre que le bonheur auquel j'avais eu droit cette nuit allait vite s'arrêter. Tous mes doutes revinrent. Et si j'étais arrivée trop tard ? Regrettait-il ? Il dut voir que je commençais à paniquer car il me devança et commença à parler.
« J'ai quelque chose à te dire Bella… » A ces mots, je savais que ce ne serait pas de la rigolade. Il regrettait, c'était une certitude, sinon, il n'aurait pas utilisé ces mots, hein ?
« Je ne regrette en rien ce qu'il s'est passé, mais je voulais que tu saches que… »
« DEBOUT LA DEDANS ! »
Et voilà comment on peut haïr son frère en une seule et unique seconde.
« Emmett ! Ta gueule et dégages ! » hurlais-je.
Je crus entendre Jasper lui dire quelque chose du genre « Tu vois, je te l'avais dit ! T'es franchement lourd ! ». Lourd, oui il l'était. Edward souffla et se passa la main dans les cheveux, signe évidant de stress. Au bout de quelques instants, je lui demandais de continuer ce qu'il s'apprêtait à me dire.
« Pendant toutes ces années, j'ai cru que tu ne reviendrais jamais, et… Comment dire ? Je ne veux pas que ca change quoique ce soit à notre relation actuelle, mais… »
« Accouche Edward, ou je vais perdre patience… » soufflais-je
« J'ai quelqu'un au lycée… » J'étais sous le choc, j'avais l'impression d'étouffer, et en même temps de perdre pieds. Je repris un visage serein et attendis la suite.
« Certes ce n'est pas sérieux, mais je voulais que tu sois au courant… » finit-il.
« Pas sérieux ? » Je n'étais pas sûre de comprendre, ou peut-être ne voulais-je pas comprendre. Après tout, moi aussi j'avais déjà eu des relations sans pour autant dire que j'étais en couple.
« Ben… C'est assez gênant, mais… On couche ensemble, sans être en couple »
Sans crier gare, j'explosais de rire. C'était bien évidemment un rire nerveux, mais il se sentais gêné car il profitait de sa sexualité, alors que moi, c'était bien pire.
« Je vois pas ce qu'il y a de marrant » me dit-il froidement.
Je repris rapidement constance et m'expliquais. « Tu sais, j'en ai profité aussi. Enfin, pas de la même façon que toi peut-être mais… Enfin tu m'as comprise. Et puis, tu as le droit de faire ce que tu veux. J'avais juste peur que tu me dises que tu regrettais… » Mes derniers mots étaient tout justes soufflés que je crus qu'il ne les avait pas entendus.
Je sentis ses bras m'entourer et je sus que cette phrase n'était pas passée sous trappe. Nous restâmes un long moment dans les bras l'un de l'autre, jusqu'à ce qu'Alice frappe doucement à la porte afin de prévenir Edward qu'il faille aller au lycée. Nous nous séparâmes à contre cœur, et il s'avança pour m'embrasser, tandis que je tournais la tête, l'empêchant d'avoir accès à mes lèvres.
« En toute honnêteté, j'aimerais que tu règles tes soucis, si on peux appeler ça comme tel, avant qu'on ne soit officiellement en couple. Nous sommes amis et dès que tout sera clair pour tout le monde alors, on verra. Ok ? » lui demandais-je. Ma requête était compréhensible. Qui voudrait sortir avec quelqu'un malgré tout l'amour qu'ils se portent alors que tout le monde croit qu'il couche encore avec son ex, hein ? Pas moi.
« Je comprends... J'attendrais dans ces cas là » Il déposa un baiser sur mon front, et nous descendîmes au rez-de-chaussée.
Tout le monde était regroupé dans la cuisine. Dès qu'ils nous virent, Alice me sauta dans les bras en guise de bonjour et Emmett se renfrogna sous l'œil amusé de Jasper. Je me demandais quelle sorte de bêtises avait encore bien pu faire mon frère. Je fis un clin d'œil à mon frère biologique tandis que je m'enfouis dans les bras de Jasper. Esmée m'offrit un sourire ainsi qu'une assiette de pancakes. Assise sur les genoux de mon siamois, j'écoutais les discussions de tous. Le lycée, les commérages… Comme si on avait une vie normale. Jasper dut comprendre ce que je ressentais car il me serra fort dans ses bras. De temps en temps, Edward me lançait des coups d'œil, ce qui n'échappa pas à Alice qui arborait un magnifique sourire. Elle me vit la regarder et me lança un clin d'œil.
« Bon ! C'est pas que je n'aime pas qu'on soit tous ensemble, mais faut qu'on aille au lycée ! Rose, Edward ! C'est parti ! Vous verrez vos chéris plus tard ! » ajouta-t-elle avec une énorme banane sur le visage.
Tout le monde resta stupéfait par ce qu'elle disait alors que j'explosais de rire. Je sentis alors trois regards bruler sur moi, ce qui amplifia mes rires et provoqua celui de Jasper. Je me stoppais alors et laissais à Alice
« Dit celle qui a craquer sur mon frère, hein ? » et je repartais de plus belle.
Cette fois-ci ce fut Alice qui devint stupéfaite, et les autres excepté Jasper, qui riaient. Elle allait ajouter quelque chose, mais fit demi-tour et parti en lançant à son frère et Rosalie qu'elle attendais dans la voiture. Je réussis alors à me calmer et ils partirent au lycée.
Dès leur départ, la maison devint silencieuse.
« Vous devriez aller au lycée dans la journée, pour vous inscrire et pouvoir passer votre examen en fin d'année. Et puis, les enfants… Vous devez passer voir votre père. Même si je sais que ce sera pas simple, que vous n'avez pas donné de nouvelles, je sais qu'il vous aime toujours autant tous les deux et que tout se passera bien. Et ce sera mieux pour tout le monde. » Un silence encore plus pesant qu'avant s'installa puis Esmée continua « Bella, je te laisse les clés, je vais travailler. Je vous fais confiance et puis, faites ce que je vous ai dit. Je vous assure. Et dites lui tout. Surtout ce que vous nous avez pas dit. » Puis elle me lança un petit sourire, nous embrassa à tour de rôle et partit.
« Bon ! C'est pas tout mais j'ai encore faim ! Bella, donne moi ton assiette t'a plus faim ! » Emmett ou comment changer de sujet en deux secondes.
« Mais t'es pas possible, Esmée t'a déjà donné deux assiettes » râla Jasper.
« J'ai faim c'est pas de ma faute »
« T'es un estomac sur pâte Emmett, je te jure » rigolais-je.
Quand Emmett eut fini, nous décidâmes de passer au lycée dès que nous étions prêts et de passer voir Charlie. On passerait d'abord à la maison avant de passer au poste. Après tout, avec un peu de chance, il serait chez lui, et ça évitera que tout Forks apprenne notre retour. Quoique je ne doutais pas que dès que nous serions au lycée, déjà la moitié de la ville serait au courant. Je hais les commères !
Rapidement, nous montâmes nous préparer, et après avoir patiemment attendu que Jasper sorte de la salle de bain nous allâmes au lycée.
Arrivés sur le parking, on se dépêcha, et nous allâmes directement au secrétariat. Personne n'était dans les couloirs, je supposais donc qu'ils étaient tous en cours. Une femme rousse et ridée, reluquant Jasper sans vergogne nous accueillit. La plaque dorée nous indiqua qu'il s'agissait d'une Mme Cope.
« Que puis-je faire pour vous les jeunes ? » lâcha-t-elle sans quitter Jasper du regard. Ce dernier en était d'ailleurs assez gêné, tellement que je ris sous cape.
« Nous venons nous inscrire » lui répondis-je. Elle détourna son regard pour la première fois depuis que nous étions arrivés et réalisa alors que nous étions trois.
« J'ai besoin de vos noms et de vos spécialisation »
Après lui avoir donné tous les renseignements nécessaires à notre inscription, elle tapota sur son ordinateur, puis nous sortis nos trois emplois du temps. Je suivais un enseignement littéraire avec un cours de Biologie avancée, ce que je suivais à Phoenix. Les garçons, quant à eux, avaient la majorité des cours ensemble si ce n'est que Jasper se spécialisait en Histoire et Emmett en Sport. Étonnant pour Emmett ? Je crois pas non ! Nous nous dirigions vers la sortie quand Mme Cope nous interpella.
« Excusez moi les jeunes, mais votre nom m'intrigue. Swan, comme le shérif Swan ? »
« Oui et qu'est-ce que ca peut vous faire ? » s'énerva Emmett, qui parlait depuis la première fois que nous étions dans ce bureau. Elle se fit toute petite, Emmett pouvait faire très peur quand on le connaissait pas. Quoiqu'il pouvait nous faire peur quand on le connais aussi en fait ! Elle retourna alors dans ses papiers et nous rejoignîmes le parking. Pendant le chemin, j'avais l'étrange impression d'être observée, et quand je me retournais pour voir d'où venait cette impression, j'aperçus Edward devant la porte d'entrée.
Quand nos regards se croisèrent, il me fit son sourire en coin qui m'avait toujours fait fondre, et je le lui rendis au centuple, mais il disparût vite, quand je vis cette bimbo siliconée, pendue à son bras. Ainsi donc, c'était elle.
J'étais totalement son opposé. Elle était blonde, j'étais brune elle était grande, j'étais petite elle était très jolie et avec de jolies formes, j'étais d'une banalité affligeante et ne mettais plus mon physique en avant comme j'en avais l'habitude à Phœnix.
Edward me lança un regard désolé tandis que la cloche sonnait, annonçant le début du prochain cours. Je ne pus m'empêcher de les suivre des yeux, jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans un couloir. J'étais déçue, mais Edward m'avait dit de lui faire confiance, alors soit !
Arrivée à la voiture où les deux garçons m'attendaient, le silence était pesant.
« On y va ? » soufflais-je, sachant que tout le monde m'entendrait mais aussi qu'ils comprendraient.
« Oui, plus vite c'est fait, plus vite ça ira » dit Jasper, d'une voix certaine. Emmett quand à lui, demeura silencieux tout le long du chemin.
Nous étions toujours dans la voiture, garés devant cette maison qui avait été notre pendant quelques années. Je ne pouvais détacher mon regard de cette maison, tant de souvenirs remontaient à la surface. Je pris mon courage à deux mains et sortit la première de la voiture. Sans me retourner, je me dirigeais vers la porte d'entrée. Ce ne fut que quand la porte s'ouvrit que je compris que j'avais frappé. L'homme qui se trouva en face de moi, n'avait pas changé. Mon papa était toujours le même physiquement. Sa moustache, ses cheveux d'un noir d'encre, avait pris une teinte plus grisée, mais c'était lui.
« Bonjour… Papa… » lui dis-je, tandis qu'il écarquillait les yeux, comme s'il avait vu un fantôme.
lundi 4 octobre 2010
Chapitre 6 : Un aperçu de bonheur
Chanson : Beyonce – Halo
« Tu sais… Il se sent mal… » souffla-t-elle
« Pardon ? » Je ne comprenais pas pourquoi, après tout, ce n'est pas lui qui était tombée dans les filets d'un psychopathe et qui mettait toute sa famille en danger.
« Edward. Il s'en veut… » compléta-t-elle.
« Y'a pas de raison… Il n'a rien fait lui… C'est moi… J'ai tout gâché… » murmurais-je, les larmes me montant aux yeux. Sa réaction m'avait blessée, mais elle était compréhensible.
« Il a ses raisons de s'en vouloir comme toi tu dois avoir les tiennes. Je ne te connais certes pas directement, mais ici, tout le monde parle de toi. C'est comme si on était déjà amies. Il est borné, toi aussi… Il ne viendra pas te voir. Et si toi tu n'y va pas… Alors, vous n'avancerez pas. Que ce soit ensemble ou séparément. » elle ne dit plus rien, et voyant que je ne disais rien non plus, elle sortit de la voiture et se dirigea vers la maison.
« Rosalie ! » la hélais-je
« Oui ? » répondit-elle en se retournant
« Ca ne te dérange pas plus que ça ? »
« De quoi tu parles ? » Elle semblait ne vraiment pas comprendre ce que je voulais dire. Pourtant, ça semblait sous le sens
« A vrai dire… J'ai toujours aimé Edward… » soufflais-je alors que je sentais mes joues chauffer et se colorer.
« Je sais » dit-elle en souriant « Ca se voit quand tu le regarde. Et lui aussi je pense. »
« Mais… Et toi ? Tu aimes Edward, et moi j'arrive et je fais tout pour le reprendre… »
« Je vais t'expliquer quelque chose. Je suis arrivée ici il y a maintenant deux ans. J'ai toujours considéré Edward comme mon grand frère et non comme un potentiel petit ami. Vous êtes fait pour être ensemble et rien ne pourra se mettre entre vous deux. »
« Merci » Je lui étais vraiment reconnaissante. On se connaissait à peine, je m'immisçais dans sa vie, et elle était là pour moi, comme une véritable amie le ferait. Comme Alice le ferait.
Je la suivais du regard, remontant l'allée principale et ouvrir la porte. Elle s'arrêta net, referma la porte et me dit « Oh fait Bella ! Mon type n'est pas du tout Edward, mais Emmett est assez craquant ! » Je ris alors. Rire que depuis longtemps je n'avais pas entendu. J'adorais cette fille. Elle était d'une franchise sans nom.
Je me calmais alors, sortis à mon tour de la voiture et me dirigeais vers la grande villa. Je la rejoignis, la pris dans mes bras, et nous entrâmes alors dans la maison. Je me stoppais, et elle me fit un sourire encourageant avant de rejoindre les autres dans la pièce principale. Tous discutaient dans le salon, prenaient des nouvelles, faisaient connaissance comme si aucun malheur ne pesait sur nos têtes. Tout ça me fit chaud au cœur. Les deux parties les plus importantes de ma vie étaient enfin réunies, et je méritais peut-être enfin au bonheur.
Je m'avançais vers le salon, et m'arrêtais à l'encadrement de la porte. Un silence plana alors, pour ensuite vite repartir. Je leur en étais vraiment très reconnaissante. Je cherchais alors l'ange de ma vie des yeux mais le trouvais pas. Esmée me vit le chercher, et vient me voir.
« Je suis contente que tu ailles un peu mieux » dit-elle en me prenant dans ses bras. « Il est en bas. Lui et son amour pour le piano se retrouvent apparemment » ajouta-t-elle avec un regard plein de sous-entendus.
Elle me sourit chaleureusement et retourna à sa place initiale auprès de Carlisle. Celui-ci n'avait pas loupé une miette de notre échange, et me fit un grand sourire en hochant la tête.
Je pris alors la direction de la salle de musique, au sous-sol. Plus j'avançais et plus la mélodie qui s'en échappait devenait claire. C'était notre berceuse. J'ouvris la porte sans toquer dans l'espoir de pouvoir l'espionner sans me faire repérer. Il était là, dos à moi, en train de jouer. Je pouvais l'imaginer les yeux fermés, et l'esprit lointain. Depuis tout petit, il avait cette habitude. Je le revoyais jouer pour moi, ou même lors d'un quatre mains, il avait l'air à des années lumières de moi. Ce fut le bruit de sa voix qui me sortit de mes pensées.
« Je suis si désolé… » souffla-t-il. Il pleurait. A cause de moi. Mon cœur se serrait à cette vision et les larmes coulaient le long de mes joues.
Je pus apercevoir ma chaîne posée sur le pupitre, près des partitions. Je restais à l'arrière encore un moment, mais je ne pouvais pas le laisser dans cet état alors qu'il n'y était pour rien. La culpabilité me rongeait. J'avançais vers lui doucement. Il avait la tête dans les mains. Je posais alors mes mains sur ses épaules, essayant de ne pas lui faire peur. Il semblait si vulnérable, tout différent de ce qu'il essayait de montrer à tout le monde.
Il se leva, et me pris dans ses bras. Je ne pouvais plus arrêter mes larmes. Chacun renforçait sa prise sur l'autre au maximum, comme si que nous allions nous perdre si on lâchait. Je me sentais enfin à ma place, dans ses bras.
Doucement, je desserrais mon étreinte et posais mon front sur le sien, fermant les yeux et appréciant la sensation de son souffle sur mon visage. Nos larmes se mêlèrent, intensifiant cette sensation d'appartenance.
Je le sentis bouger et je commençai à redouter l'éloignement, jusqu'à ce que je sente ses lèvres sur les miennes. Je ne bougeais plus, trop choquée pour esquisser le moindre geste. Mon cœur battait tellement fort qu'il aurait pu exploser, et mon cerveau semblait complètement déconnecté de la réalité.
Il recula alors, déçu et gêné.
« Désolé, je n'aurais… »
Je ne lui laissai pas le temps de finir que je pris ses lèvres d'assaut. Il y répondit avidement. Nos langues se bataillaient sans cesse, cherchant qui finirait par gagner ce combat. Ce baiser était à la fois passionné mais montrait également toute la colère, le manque et la tristesse éprouvée par chacun.
Nous nous séparâmes à bout de souffle et nos regards se soudèrent. Nous nous étions retrouvés, et nous étions dans notre bulle, à des années lumières de la réalité.
« Je suis désolé » me dit-il, tout en caressant ma joue.
« Je sais. Moi aussi. »
« Je sais » répliqua-t-il, avec le sourire en coin, dont lui seul avait le secret.
Je lui souris également, et je sus qu'alors j'aurais droit au bonheur. Mais on dit bien que rien ne dure éternellement, non ?
Chapitre 5 : Tout un passé à surmonter
Je ne me sentais pas assez forte pour écouter. Je décidais de mettre mes mains sur mes oreilles, comme si ça pouvait changer quelque chose, tout en fredonnant des notes qui ne créait vraisemblablement une mélodie réconfortante. Ca ressemblait plutôt à ces musiques tout droites sorties des films d'horreurs où des enfants de bas âge vous attaque… Cette histoire de toute façon je la connaissais, et tout ça me fit frissonnait, de la même façon que tout a commencé.
FLASH BACK
Nous entrâmes tous les deux dans l'enceinte du lycée. C'était ma première année. Emmett, lui, avait redoublé pour cause de mauvais comportement, ce qui avait eu pour effet de jouer sur ses résultats.
Tout le monde nous regardait ? Moi qui n'aimais pas être le centre du monde, j'étais servie. Nous nous dirigeâmes vers l'accueil où un vieil homme nous fournis nos emplois du temps ainsi qu'un plan du lycée pour moi. Je le vis même fusiller Emmett du regard. Je me demandais bien ce qu'il avait pu lui faire. J'espérais vraiment que le fait de me retrouver dans la même école que mon frère, lui permettrait de mûrir, et peut-être progresser en cours.
Nous arrivâmes alors dans une grande salle que je supposais la cafétéria. Tout à coup, tout le monde se tût et se retourna vers nous. Je ne compris pas ce qu'il se passait. Personne ne me connaissait, si ce n'est les quelques élèves avec qui j'avais été au collège. Et puis, Emmett avait beau avoir une carrure importante, je ne le pensais pas capable de faire peur à tout un lycée. Ce silence était terrorisant, tellement froid et terrifiant, que je me mis à frissonner. Je me rendis alors compte que ce n'était pas nous que tous regardaient, mais quelqu'un derrière nous.
Je me retournais alors, et c'est à ce moment là que je le vis pour la première fois. Il était grand, blond avec des cheveux mi-longs attachés en queue de cheval. Son regard était menaçant, ainsi que la fille rousse qui se trouvait à ses côtés. Rien qu'à les regarder ensemble, je sentis un second frisson le long de mon dos.
« Emmett ! Mon frère ! Comment ça va ? Tu nous as amené une nouvelle fille, hein. Jolie. Bon choix. Mate la bien mon gars, sinon, elle sera comme Emilie l'année dernière et j'ai vraiment eu beaucoup de mal à m'en débarrassé, tu l'as vu toi-même ! » lança James, alors que les discussions reprenaient doucement leurs cours dans notre dos.
« Salut James. Je te présente Bella… Ma sœur ! » lui répondit Emmett en serrant des dents. Le regard qu'il lui lançait était tellement coléreux. Je ne reconnaissais pas là le caractère de mon frère.
Le regard que James me lança en retour me fit compris une chose : j'étais considéré comme une nouvelle proie, mais je ne savais pas encore jusqu'où ça irait…
FIN FLASH BACK
« STOP ! » hurlai-je
Tout le monde se mit à me regarder. Emmett me regarda avec un air désolé sur le visage. Il s'en voulait de me faire revivre tout ça. Sauf que les Cullens devaient savoir tout ça… Nous n'avions plus le choix.
« Je veux raconter la suite… Mais surtout les grandes lignes pour comprendre l'histoire… Je ne… Je ne pourrais pas… raconter les détails… C'est juste… Trop dur… » soufflais-je peu convaincu de moi-même.
« Tu es sûre ? » me demanda Esmée, toujours aussi maternelle.
« Je… Oui… Je… Il le faut » répondis-je, essayant de les convaincre, mais sur tout de me convaincre moi-même. Je savais qu'il fallait que j'y fasse face, qu'il fallait que j'affronte mon passé. Il fallait d'abord que j'en parle. Et qui de mieux que la personne principale à l'histoire ?
Je jetais un regard à mon frère. Il était tout simplement inquiet, et je savais qu'il se sentait coupable. Puis je regardais les autres. Personne ne comprenait et ça se voyait sur tous les visages. Je pris une profonde inspiration et me lançais.
« Je préviens juste, ce ne sera que les grandes lignes »
« Pas de problèmes ma chérie, nous t'écoutons » me répondit Esmée.
« Cette journée là, James a donc appris que j'étais la petite sœur d'Emmett. J'ai vite intégré leur « groupe ». Tout allait bien, ou du moins, en surface. Au fond, je n'avais jamais été bien… »
A ces mots, je sentis Edward se tendre à mes côtés. Je me levais et me mis loin de lui, même si, c'était la dernière chose que je voulais. Mais, je devais finir de raconter cette histoire, et lui à mes côtés, je ne me sentais pas à l'aise. Je ne les regardais même pas, je fixais mes pieds comme s'ils étaient la plus belle chose qui existe sur Terre. Je triturais mes doigts, et me mis à continuer.
« Plus l'année avançait, plus j'étais à l'aise. Je m'intégrais, et personne ne me posait de problèmes, cherchant à tout pris un quelconque problème face à Emmett, et surtout, j'étais considérée comme la petite protégée du groupe le plus populaire, et le plus terrifiant du lycée. Puis, il y a eu cette fameuse soirée chez Victoria et puis, je… » Les larmes coulaient à flot, et je prenais une grande respiration, cherchant à les calmer un maximum. « Il y avait tous ces gens. Il y avait de tout. Dans chaque recoin, il y avait soit un couple, soit un gars bourré, soit des drogués. C'est la que tout a basculé. Je voulais aller mieux, me sentir bien, et on m'a conseillé. J'ai refusé au début, mais j'ai vite cédé. Je planais complètement. Mais je suis vite devenue accro. James s'arrangeait pour me fournir des pilules, et ne disait rien à Emmett suite à ma demande. Il a vite compris que j'étais accro, et il a commencé à me faire chanter. Ce n'était pas de grande ampleur, alors, j'ai continué. Puis, un jour, j'ai compris que je n'étais plus sa protégée, mais sa nouvelle proie. J'ai vite voulu arrêter, mais il me menaçait. Il a menacé ma famille. J'ai paniqué, et j'ai continué ce qu'il me demandait de faire. Des échanges, des réceptions, rien de bien important. J'avais de plus en plus peur, je ne dormais plus. J'ai tout avoué à Emmett, on devait absolument partir »
Je repris mon souffle, j'avais débité les dernières phrases à une vitesse surprenante. Je les observais. Alice et Rose pleuraient, Jasper était totalement incrédule, Esmée pleurait dans les bras de Carlisle, qui lui affichait un visage inquiet. Edward fixait un point en face de lui, les poings serrés. Il m'en voulait, il était en colère. Je leur apportais tous mes problèmes. Emmett me regarda et me fit signe de continuer. Je soufflais un désolée, espérant qu'Edward l'entende et repris.
« On a déménagé rapidement. Convaincre Renée n'était pas compliqué. Mais James l'a appris rapidement, juste avant de partir, et il… J'ai… Il a essayé de me violer… Je… Emmett est arrivé à temps. Ils se sont battus, et James a disparu de nos vies. Le lendemain, nous étions partis. Nous essayions de mener une vie plus ou moins normale suite aux évènements passés. Puis, Renée a rencontré Phil et nous, Jasper. Je lui dois beaucoup d'argent, je pense que c'est la raison pour laquelle il nous recherche. Puis, je l'ai repoussé, il me veut. Il n'abandonnera pas. Et il se vengera d'Emmett… »
Durant plusieurs minutes, aucun son ne fut entendu excepté les sanglots des filles présentes. Edward n'avait même pas desserré les poings. Son attitude me blessait. Oui, je leur attirait des problèmes, oui, en partant j'ai pu le blesser, mais ce n'est pas une raison de réagir ainsi. Je ne voyais pas le même Edward que j'ai connu. En 7 ans, il avait complètement changé.
J'étouffais, je n'étais clairement pas à l'aise du tout et je n'arrivais pas à détacher mon regard de lui. J'avais mal et sans prévenir, je me levais et sortis en soufflant un « désolé » à Carlisle et Esmée au passage. J'allais dans la voiture et cherchai mes clés pour partir. Seulement, je me souvins qu'Emmett avait conduit, donc il avait encore les clés. Je m'installais sur la banquette arrière et pleurais toutes les larmes qu'il me restait. Tout raconter n'avait servi qu'à rouvrir la blessure. Et la réaction d'Edward, en avait ouvert une autre. J'haletais, j'avais l'impression de m'être fait poignarder.
Allongée, je me calmais, et je me mis à contempler le plafond. Lorsque je sentis enfin le sommeil arriver, des coups furent frapper sur la vitre, ce qui me fit sursauter.
FLASH BACK
Nous entrâmes tous les deux dans l'enceinte du lycée. C'était ma première année. Emmett, lui, avait redoublé pour cause de mauvais comportement, ce qui avait eu pour effet de jouer sur ses résultats.
Tout le monde nous regardait ? Moi qui n'aimais pas être le centre du monde, j'étais servie. Nous nous dirigeâmes vers l'accueil où un vieil homme nous fournis nos emplois du temps ainsi qu'un plan du lycée pour moi. Je le vis même fusiller Emmett du regard. Je me demandais bien ce qu'il avait pu lui faire. J'espérais vraiment que le fait de me retrouver dans la même école que mon frère, lui permettrait de mûrir, et peut-être progresser en cours.
Nous arrivâmes alors dans une grande salle que je supposais la cafétéria. Tout à coup, tout le monde se tût et se retourna vers nous. Je ne compris pas ce qu'il se passait. Personne ne me connaissait, si ce n'est les quelques élèves avec qui j'avais été au collège. Et puis, Emmett avait beau avoir une carrure importante, je ne le pensais pas capable de faire peur à tout un lycée. Ce silence était terrorisant, tellement froid et terrifiant, que je me mis à frissonner. Je me rendis alors compte que ce n'était pas nous que tous regardaient, mais quelqu'un derrière nous.
Je me retournais alors, et c'est à ce moment là que je le vis pour la première fois. Il était grand, blond avec des cheveux mi-longs attachés en queue de cheval. Son regard était menaçant, ainsi que la fille rousse qui se trouvait à ses côtés. Rien qu'à les regarder ensemble, je sentis un second frisson le long de mon dos.
« Emmett ! Mon frère ! Comment ça va ? Tu nous as amené une nouvelle fille, hein. Jolie. Bon choix. Mate la bien mon gars, sinon, elle sera comme Emilie l'année dernière et j'ai vraiment eu beaucoup de mal à m'en débarrassé, tu l'as vu toi-même ! » lança James, alors que les discussions reprenaient doucement leurs cours dans notre dos.
« Salut James. Je te présente Bella… Ma sœur ! » lui répondit Emmett en serrant des dents. Le regard qu'il lui lançait était tellement coléreux. Je ne reconnaissais pas là le caractère de mon frère.
Le regard que James me lança en retour me fit compris une chose : j'étais considéré comme une nouvelle proie, mais je ne savais pas encore jusqu'où ça irait…
FIN FLASH BACK
« STOP ! » hurlai-je
Tout le monde se mit à me regarder. Emmett me regarda avec un air désolé sur le visage. Il s'en voulait de me faire revivre tout ça. Sauf que les Cullens devaient savoir tout ça… Nous n'avions plus le choix.
« Je veux raconter la suite… Mais surtout les grandes lignes pour comprendre l'histoire… Je ne… Je ne pourrais pas… raconter les détails… C'est juste… Trop dur… » soufflais-je peu convaincu de moi-même.
« Tu es sûre ? » me demanda Esmée, toujours aussi maternelle.
« Je… Oui… Je… Il le faut » répondis-je, essayant de les convaincre, mais sur tout de me convaincre moi-même. Je savais qu'il fallait que j'y fasse face, qu'il fallait que j'affronte mon passé. Il fallait d'abord que j'en parle. Et qui de mieux que la personne principale à l'histoire ?
Je jetais un regard à mon frère. Il était tout simplement inquiet, et je savais qu'il se sentait coupable. Puis je regardais les autres. Personne ne comprenait et ça se voyait sur tous les visages. Je pris une profonde inspiration et me lançais.
« Je préviens juste, ce ne sera que les grandes lignes »
« Pas de problèmes ma chérie, nous t'écoutons » me répondit Esmée.
« Cette journée là, James a donc appris que j'étais la petite sœur d'Emmett. J'ai vite intégré leur « groupe ». Tout allait bien, ou du moins, en surface. Au fond, je n'avais jamais été bien… »
A ces mots, je sentis Edward se tendre à mes côtés. Je me levais et me mis loin de lui, même si, c'était la dernière chose que je voulais. Mais, je devais finir de raconter cette histoire, et lui à mes côtés, je ne me sentais pas à l'aise. Je ne les regardais même pas, je fixais mes pieds comme s'ils étaient la plus belle chose qui existe sur Terre. Je triturais mes doigts, et me mis à continuer.
« Plus l'année avançait, plus j'étais à l'aise. Je m'intégrais, et personne ne me posait de problèmes, cherchant à tout pris un quelconque problème face à Emmett, et surtout, j'étais considérée comme la petite protégée du groupe le plus populaire, et le plus terrifiant du lycée. Puis, il y a eu cette fameuse soirée chez Victoria et puis, je… » Les larmes coulaient à flot, et je prenais une grande respiration, cherchant à les calmer un maximum. « Il y avait tous ces gens. Il y avait de tout. Dans chaque recoin, il y avait soit un couple, soit un gars bourré, soit des drogués. C'est la que tout a basculé. Je voulais aller mieux, me sentir bien, et on m'a conseillé. J'ai refusé au début, mais j'ai vite cédé. Je planais complètement. Mais je suis vite devenue accro. James s'arrangeait pour me fournir des pilules, et ne disait rien à Emmett suite à ma demande. Il a vite compris que j'étais accro, et il a commencé à me faire chanter. Ce n'était pas de grande ampleur, alors, j'ai continué. Puis, un jour, j'ai compris que je n'étais plus sa protégée, mais sa nouvelle proie. J'ai vite voulu arrêter, mais il me menaçait. Il a menacé ma famille. J'ai paniqué, et j'ai continué ce qu'il me demandait de faire. Des échanges, des réceptions, rien de bien important. J'avais de plus en plus peur, je ne dormais plus. J'ai tout avoué à Emmett, on devait absolument partir »
Je repris mon souffle, j'avais débité les dernières phrases à une vitesse surprenante. Je les observais. Alice et Rose pleuraient, Jasper était totalement incrédule, Esmée pleurait dans les bras de Carlisle, qui lui affichait un visage inquiet. Edward fixait un point en face de lui, les poings serrés. Il m'en voulait, il était en colère. Je leur apportais tous mes problèmes. Emmett me regarda et me fit signe de continuer. Je soufflais un désolée, espérant qu'Edward l'entende et repris.
« On a déménagé rapidement. Convaincre Renée n'était pas compliqué. Mais James l'a appris rapidement, juste avant de partir, et il… J'ai… Il a essayé de me violer… Je… Emmett est arrivé à temps. Ils se sont battus, et James a disparu de nos vies. Le lendemain, nous étions partis. Nous essayions de mener une vie plus ou moins normale suite aux évènements passés. Puis, Renée a rencontré Phil et nous, Jasper. Je lui dois beaucoup d'argent, je pense que c'est la raison pour laquelle il nous recherche. Puis, je l'ai repoussé, il me veut. Il n'abandonnera pas. Et il se vengera d'Emmett… »
Durant plusieurs minutes, aucun son ne fut entendu excepté les sanglots des filles présentes. Edward n'avait même pas desserré les poings. Son attitude me blessait. Oui, je leur attirait des problèmes, oui, en partant j'ai pu le blesser, mais ce n'est pas une raison de réagir ainsi. Je ne voyais pas le même Edward que j'ai connu. En 7 ans, il avait complètement changé.
J'étouffais, je n'étais clairement pas à l'aise du tout et je n'arrivais pas à détacher mon regard de lui. J'avais mal et sans prévenir, je me levais et sortis en soufflant un « désolé » à Carlisle et Esmée au passage. J'allais dans la voiture et cherchai mes clés pour partir. Seulement, je me souvins qu'Emmett avait conduit, donc il avait encore les clés. Je m'installais sur la banquette arrière et pleurais toutes les larmes qu'il me restait. Tout raconter n'avait servi qu'à rouvrir la blessure. Et la réaction d'Edward, en avait ouvert une autre. J'haletais, j'avais l'impression de m'être fait poignarder.
Allongée, je me calmais, et je me mis à contempler le plafond. Lorsque je sentis enfin le sommeil arriver, des coups furent frapper sur la vitre, ce qui me fit sursauter.
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